Albert Decaris, né le 6 mai 1901 à Sotteville-lès-Rouen, décédé le 1er janvier 1988 à Paris est un peintre, graveur et décorateur français. Il est formé à la gravure et au dessin à l’École Estienne, puis à l’école des Beaux-arts de Paris. Il obtient le premier prix de Rome de gravure en 1919 et est pensionnaire de la Villa Médicis jusqu’en 1927.
Dans les années 1930, il illustre de
nombreuses éditions de luxe d’ouvrages d’auteurs classiques qui sont réédités (Lettres de Rome de Chateaubriand, Macbeth de Shakespeare…). Il réalise
aussi des décorations intérieures de bâtiments privés et publics (palais du
Bois à l’exposition internationale de 1937 à Paris, hôtel de ville de Vesoul…).
Sa carrière prend un tournant en
1933 quand le ministre des Postes lui demande de fournir des projets pour les
timbres-postes que les nouvelles techniques d’impression permettent désormais
de réaliser en taille-douce. Dès lors, de 1935 à 1985, il dessine et grave plus
de 600 timbres-postes, dont 174 pour la France avec deux timbres d’usage courant,
la Marianne (1960) et le Coq de Decaris (1962).
Decaris est membre (1943) puis
président en 1960 de l’Académie des Beaux-arts. Il obtient la médaille d’or de
gravure aux Jeux olympiques de 1948. Il est nommé chevalier dans l’ordre du
Mérite postal en 1954, nommé peintre officiel de la Marine française en 1962.
Il obtient la médaille d’or et la médaille d’honneur de la Société des artistes
français en 1969. Il est fait officier de la Légion d’honneur. En 2001, la
Poste émet un timbre à son honneur pour le centenaire de sa naissance.
Une lettre autographe d’Albert
Decaris, adressée à un membre de la société de Saint-Eloy[1],
nous apprend que l’artiste a séjourné à La Charité-sur-Loire vers le 26-27 août
1939, pour réaliser des dessins de la ville. Il propose à son interlocuteur de
réaliser des gravures à partir de ces dessins plutôt que d’aller à Collioure
pour en faire de nouveaux :
« J’ai été très heureux de recevoir
votre lettre. Cette reprise de l’activité de St Eloi est un heureux présage.
J’espère qu’il se réalisera. Au sujet des dessins, je dois vous rappeler qu’en
39 la Société m’avait envoyé à La Charité-sur-Loire où j’ai fait, 8 jours avant
la déclaration de guerre, des dessins qui n’ont jamais été utilisés.
Pourrait-on s’en servir maintenant ? La Charité est une ville charmante et
je pense que je pourrais en tirer quelques gravures, et puis cela dispenserait
la Société de m’accorder des frais de voyage puisque je suis allé là-bas à une
époque où j’y faisais des repas plantureux pour 12f50, enfin cela me
dispenserait d’un déplacement à Collioure. Je suis chargé de besogne et je dois
vous avouer que je considérerais ce voyage avec inquiétude. »
Ces dessins de
la ville de La Charité réalisés par Decaris ne sont, aujourd’hui, pas connus.
Peut-être
seront-ils découverts un jour.
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[1]
La société de Saint-Eloy, patron des orfèvres et des graveurs, a été fondée à
Paris en 1924 à l’initiative de peintres-graveurs désireux de collaborer à
l’illustration de livres d’art. Elle comprend aussi des marchands d’estampes et
des libraires.
La société édite également
des ouvrages d’art avec un soin particulier porté à la typographie, à la
qualité du papier et de la reliure, à la mise en page et aux illustrations qui
sont réalisées par les artistes de la société.
Albert Decaris était membre
de la Société de Saint-Eloy. Parmi les autres membres artistes, citons Henry
Cheffer qui réalisa aussi des timbres pour La Poste ou Paul-Adrien Bouroux,
d’origine nivernaise, ami de Fernand Chalandre.

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